Thikem's Blog

Pour ne pas cesser d'écrire

Et flûte pour les vacanciers

Jamais, mais jamais, il n’y aura de grève sauvage pendant les périodes de vacances ! Pensez-vous, il est certain que les bagagistes respectent énormément les gens (pas nécessairement leurs bagages) qui paient indirectement leurs salaires, et ils ne les obligeront pas à espérer récupérer leurs affaires le plus tôt possible (c’est-à-dire bien avant la fin de leur séjour).

Non, tout ce qu’on entend, c’est de la désinformation orchestrée par les employeurs (les exploiteurs) qui ne veulent jamais qu’augmenter les bénéfices des actionnaires sur le dos des travailleurs sous-payés et en effectifs insuffisants. Les gentils ne prendront jamais en otages les clients des méchants pour leur faire entendre raison.

En fait, il n’y a pas grève, seulement un problème impromptu d’incompréhension mutuelle avec dégâts collatéraux prévisibles mais négligeables au bilan final.

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Repos

21 août

Dambal se laissait quelquefois aller aux plaisirs de l’indolence. Lorsque le voisinage paressait tranquille, bien qu’il ne puisse jamais être complètement sûr, Dambal grimpait au faîte du mur d’une ancienne fortification, rescapé d’un passé malmené, à quelques lieues de la cave où il s’octroyait son quota hebdomadaire de récupération onirique. Allongé sur les moellons tièdes, il savourait la délicatesse des caresses éoliennes et la chaleur des pinceaux solaires, s’enfonçant doucement dans la léthargie des plaisirs du corps, jusqu’au lâcher prise. Rassurées, des pensées légères germaient timidement aux frontières de son cortex, des ébauches encore mal équarries, floues mais porteuses de sens, froissées comme des premiers brouillons, chargées de promesses à tenir. Dambal attendrait le plus longtemps possible, jusqu’à l’alerte ou l’irritation, l’improbable éclosion, redresserait brutalement sa lourde carcasse, écrasant trop souvent dans l’œuf toute concrétisation de ces réflexions aléatoires.

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Eden suite

Ce qui le troublait par-dessus tout, c’étaient les cavités grises au bord desquelles il identifiait des cadavres d’animaux, des ossements ou même, assez loin pour laisser encore le doute, un corps humain. Dans une intuition soudaine, Dambal se saisit d’une grosse pierre et la lança aussi loin qu’il le pouvait en direction de l’arbre. Elle rebondit deux fois dans l’herbe, il ne se passa rien. Dépité, Dambal se demandait quoi faire quand quelque chose attira son attention. D’abord furtivement, puis de plus en plus de façon évidente, la terre s’animait, elle ondulait, des vagues sombres ou luisantes se déplaçaient vers l’endroit où s’était immobilisé le morceau de béton. Dambal plissa les yeux et cracha par terre de dépit : des serpents, des tas de serpents, bestioles immondes, tueurs fourbes rencontrés à maintes reprises lors d’expéditions en zone périurbaine. Quelle déception, c’était bien le jardin d’Eden dont les pèlerins parlaient avec admiration et crainte, mais Dambal ne se risquerait pas à goûter un fruit aussi bien défendu.

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Eden

Dambal avait retrouvé le jardin d’Eden au pied de collines déchiquetées, là où les hommes et femmes d’autrefois s’étaient réfugiés, au plus profond de cavernes antitout, espérant se protéger des boules de feu crachées par des cieux revanchards. C’était une longue étendue de verdure, une étrange surface cabossée au milieu du désert de rocailles, ponctuée d’herbes folles et de buissons charnus. Avec, fait étrange, en son centre, un énorme pommier chargé de fruits mûrs. En s’approchant de cette parcelle abandonnée, on découvrait par-ci par-là des piquets métalliques qui semblaient délimiter son pourtour. L’un d’eux intriguait Dambal : une chevelure de fils tranchants ornait son sommet et un rectangle tordu tintait doucement sous la brise légère. Des signes comme sur les murs et dans les livres, et un crâne entrecroisé d’os. Dambal ne comprenait pas ce que cela signifiait, ou peut-être un danger, il hésitait à franchir la limite désert-prairie.

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Terrible nuit !

Deux attentats à la voiture-bélier, l’Espagne n’est pas protégée de la lâcheté des terroristes, pas plus que les autres pays européens. Je ne blâmerai pas les autorités espagnoles pour laxisme ou naïveté, d’autres se chargeront de pointer du doigt les manquements dans la sécurisation de lieux hautement touristiques. La sécurité totale n’existe pas.

Mais, hors des querelles idiotes entre les partisans du vivre ensemble et ceux de l’étranger dehors, je ne veux pas me contenter à chaque attentat d’allumer des bougies, faire une chaîne de l’amitié et clamer que je n’aurai jamais peur, les terroristes s’en foutent ! Qu’est-ce qu’on va faire pour enrayer cette machine infernale, pour stopper le TGV de la violence aveugle ?

Je n’avancerai pas d’idées saugrenues, de bouts de piste inachevables, de concepts vaguement esquissés, je ne suis ni spécialiste en la matière, mais j’espère sincèrement que quelque part chez nous, ou ailleurs, il y a des esprits éclairés qui travaillent à l’amélioration de la situation, au-delà des intérêts politiques, économiques ou religieux.

Parce que là, ici et partout, hier, pour le moment et dans le futur proche, la méfiance et le rejet sont en pleine croissance.

Encore une fois, et j’en suis profondément désolé, toute ma compassion va aux victimes de ces actes insensés.

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Brun et puant

Kim Jong-un, Erdogan, Trump, la NVA : les extrêmes, qu’ils soient de gauche, de droite, religieux ou auto-satisfaits, ont encore de beaux jours sur notre Terre.

Alors, ce petit sénateur qui circule avec une plaque non réglementaire, cela peut sembler une anecdote ridicule mais c’est symptomatique d’un phénomène planétaire le repli sur soi et le rejet de l’autre, porteur de tous les maux.

Sinon que dire, quand la NVA ose demander aux étrangers de s’adapter aux lois et coutumes de notre pays, elle démontre, si besoin est, par l’intermédiaire de ce flamingant frustré, l’image d’un irrespect profond de la Belgique, de ses lois et du serment, prêté lors de son entrée en fonction, envers la couronne, les institutions et les citoyens (enfin, ceux du Sud). Rien d’étonnant là-dedans !

Et puis, suprême idiotie, la nationalité flamande n’existe pas plus que le pays flamand ou la langue flamande. Ce VL n’est qu’un symbole creux, quand on y pense d’une certaine façon.

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Choc des images

Dambal était agacé par son incapacité à maîtriser les petites lucioles de la pensée. A chacune de ses tentatives de concentration, à l’affût d’un blaireau de la rivière comme en vigilance nocturne lors des raids de bandes anachroniques, les images lumineuses défilaient dans son esprit à la vitesse d’un essaim de guêpes surexcitées, en une sarabande stochastique du coq de clocher à l’âne du moulin, ou en une chute de dominos irrésistible. Quand ce film en accéléré devenait tourbillon de couleurs filasses, pour ne pas sombrer dans l’éblouissement du carrousel infernal, la léthargie impromptue semblait la seule issue. A part la bonne claque sur les oreilles que Dambal privilégiait.

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Pas d’humeur modèle

15 août

Oulala, mais qu’est-ce qu’il est devenu susceptible, le président Macron !

Mais qu’est-ce qu’il y a mon petit ? Depuis qu’on est élu, on n’aime plus autant les paparazzi ? Il n’est plus question de prendre des photos sans qu’elles soient stratégiquement préparées, méticuleusement photoshoppées, symboliquement léchées ?

Et il n’y a sans nul doute aucune pression, pardon aucun conseil donné aux équipes de télévision ou autres organes de presse. Mais on va quand même poursuivre en justice cet indélicat photographe. Ça peut toujours servir d’avertissement, pas vrai, alors pourquoi s’en priver, plutôt que passer un savon et puis l’éponge.

A propos, votre mauvaise humeur, ce n’est pas lié à votre chute catastrophique de popularité ? Crainte de tomber plus bas que votre prédécesseur ? Peur de découvrir trop tôt votre jeu « tout changer pour ne rien changer » ?

Allez, votre mandat ne fait que commencer, il y a encore du temps pour accomplir quelque chose de bien !

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Traque

Dambal traquait inlassablement les hordes désordonnées de canidés qui chassaient les hominidés affaiblis. Elles manœuvraient sans nuance, toujours glissant le long des murs l’air d’errants sans but en promenade innocente et qui reniflent distraitement l’herbe et la poussière à la recherche de quelques os oubliés.  Puis ils s’égayaient dans toutes les directions, en une chorégraphie aléatoire, une dispersion anodine pour donner le change mais préoccupait Dambal tant elle sonnait l’hallali. Les autres hommes, ses semblables (il ne pouvait y penser qu’ironiquement), ne se doutaient de rien, c’était cela surtout qui le préoccupait.  Il aurait de loin préféré les voir ériger des murs ou des clôtures, ou du moins organiser des gardes, mais le règne des mousquetaires n’était plus que le doux rêve d’une minorité occultée.  D’ailleurs, s’il avait tenté de leur parler, pour leur enjoindre de se protéger, pour les prévenir du danger, ils l’auraient chassé, croyant qu’il venait leur voler quelque chose, Dambal n’aurait eu d’autre choix que les laisser à leur sombre destin. C’était sans nul doute ridicule, ce sentimentalisme à l’égard de ces ombres d’hommes qui le rejetaient, Dambal aurait volontiers donné de sa personne pour les aider, mais cette communauté-là, comme toutes les autres, n’aurait rien compris, rien voulu comprendre, tout à son inepte préjugé. Lorsque les chiens terminèrent leur manœuvre d’encerclement, Dambal était déjà trop loin pour entendre les cris de détresse.

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Dommage pour ce grand champion _

13 août

Bolt n’a sans doute pas fait le choix le plus judicieux de son immense carrière en décidant de prendre part à ces Mondiaux, incontestablement le championnat de trop pour lui. En tentant le diable une dernière fois, pour des raisons obscures mais que l’on devine commerciales, un an après avoir conquis trois titres olympiques sur 100 m, 200 m et 4 x 100 m pour la troisième fois consécutive à Rio d’où il aurait pu s’en aller en pleine gloire, il s’est mis inutilement en danger, et repart vaincu et blessé (surtout dans sa fierté).

Si Bolt a raté ses adieux sur le plan sportif, il aura néanmoins eu à Londres la confirmation, s’il en était besoin, de son immense popularité, les foules l’ayant ovationné et chéri tout au long de ses jeux de Londres. Le public se souviendra longtemps de ses 19 médailles d’or aux Jeux olympiques et aux Mondiaux (8 et 11 respectivement), ainsi que de ses deux records du monde individuels stratosphériques (9.58 sur 100 m et 19.19 sur 200 m), il n’est pas prêt d’être égalé.

Mais on aurait sans doute aimé le voir partir autrement.

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